Ça fait longtemps qu’on n’a rien cassé !

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Nos univers mentaux nous accompagnent discrètement, au travers de chacun de nos actes, sans que nos proches ne s’en rendent compte. À moins que nous ne les exprimions…

La scène se passe il y a quelque temps, chez nous, dans la cuisine. C’est au tour de ma deuxième fille de ranger la vaisselle dans le lave-vaisselle, et elle s’en occupe en silence pendant que le reste de la famille dessert la table et range.

Tout à coup, je vois son visage qui s’illumine du sourire de ceux qui viennent de penser à quelque chose de drôle ou d’intéressant, et elle s’écrie alors : « Dites-donc, ça fait longtemps qu’on n’a rien cassé ! »

Toute la famille éclate de rire : c’est vrai qu’il y a régulièrement un verre ou une assiette qui volent en éclats, mais ce qui est savoureux, c’est que c’est souvent d’elle que ça vient, ces bris de vaisselle.

Et il n’y a donc qu’elle qui pouvait tout à coup, voyant à ce moment qu’elle n’avait encore rien cassé, prendre conscience que tout allait bien, et s’en réjouir !

Ce jour-là, ma fille nous donnait une double leçon.

La première était une leçon de psychologie cognitive : tout ce que nous faisons est accompagné d’un bavardage intérieur, mélangeant ce qui se passe, et nos expériences et nos attentes envers ce qui se passe. Ce que nous vivons de l’extérieur ressemble à ce que tous les autres vivent, mais à l’intérieur, cela n’appartient qu’à nous.

La deuxième était une leçon de psychologie positive : même à propos de choses simples, se réjouir de ce que cela se passe bien.

PS : il y a eu, peu après, une troisième leçon pour moi : un matin où elle venait de casser un verre (en ne prêtant pas assez attention à ses gestes) je me suis souvenu de la scène, et j’ai instantanément arrêté mon réflexe de rouspéter, pour la regarder en souriant et lui dire : “tu peux faire un peu plus attention ?!”. Je me suis souvenu de ma rigolade des jours précédents, un vrai cadeau, et me suis dit que ça valait bien un peu de vaisselle cassée de temps en temps…