Grasse matinée

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Vendredi, dans un mail de travail tardif, un copain me recommande de lever le pied et de faire une grasse matinée dimanche.
C’est manqué : je n’ai jamais pu faire une grasse matinée de ma vie.
J’ouvre en général un oeil avec le jour, quels que soient mes états d’âme. Quand je ne suis pas en forme, c’est l’inquiétude qui m’éveille («vite, faire toutes les choses qu’il y a à faire») et quand je suis en forme, c’est la joie, l’élan vital («vite, vivre, voir le ciel, les étoiles, le soleil»). Une impossibilité quasi-radicale de me rendormir ou de traîner au lit.
Et pourtant, je ne suis pas hyperactif, j’aime bien que les choses aillent lentement, calmement. Et j’aime bien dormir, aussi, j’adore ce moment où on se blottit dans son lit, et où on laisse défiler tout seuls les souvenirs de la journée.
Alors, tout de même, je relance le copain par un autre mail : «et toi, tu en fais, des grasses matinées ?» Non, lui non plus n’en fait jamais : nous sommes définitivement deux handicapés, incapables de comprendre les mystères (et les joies) de la flemme et du plaisir de traîner au lit…

Illustration : “Dormez, je le veux !” ( photographie d’Henri Zerdoun).