La défaite dans le corps

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Le XV de France a pris une sacrée raclée hier à Twickenham, face aux Anglais. Depuis cette Coupe du Monde ratée de 2007, perdue à domicile, le rugby français n’arrive pas à retrouver ses repères. Ça me rend bien triste, mais on ne va pas parler trop longuement de tout ça, ce n’est pas tout à fait le lieu.
Ce qui était étrange, c’est d’avoir observé cette défaite d’un oeil morne : j’étais grippé. Vous savez : les articulations qui brûlent, tantôt trop chaud tantôt trop froid, la tête lourde. Bref, un corps incapable de participer aux émotions : du coup, états d’âme bovins face au match. Pour la première fois je restais calme face à la déferlante des essais anglais. Je trouvais même qu’ils jouaient bien, qu’ils ne la ramenaient pas comme ils font d’habitude pour narguer les français. Bref, je n’étais pas dans mon état normal.
Pour éprouver états d’âme et émotions, il faut un corps vibrant et réactif (ah ! les palpitations cardiaques avant le coup d’envoi !). Pas forcément en bon état (nombre de grands artistes et poètes étaient, ou sont, en mauvaise santé) mais vivant, en phase avec le monde qui nous entoure.
PS : le dessin est extrait du livre rédigé avec l’excellentissime Muzo : Petits complexes et grosses déprimes (voir sur le site http://christopheandre.com, à la rubrique Livres).