Instant de grâce

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“J’épluchais une pomme rouge du jardin quand j’ai soudain compris que la vie ne m’offrirait jamais qu’une suite de problèmes merveilleusement insolubles. Avec cette pensée, est entré dans mon coeur l’océan d’une paix profonde.”

C’est de Christian Bobin, le poète, dans une de ses chroniques (Le prophète au souffle d’or, dans le numéro de mai-juin 2010) pour Le Monde des Religions.

Pour ce genre d’illuminations, je vénère Bobin. Parce que, chaque fois que je le lis, il me remet d’aplomb, il me rattache à la douceur et à la profondeur infinie qu’il peut y avoir dans une vie tranquille et ordinaire. Et souvent, comme dans le cas de cette citation, il m’apaise absolument. Accepter que je vais continuer de rencontrer des problèmes merveilleusement insolubles ne m’angoisse pas encore plus, mais m’apaise. Comment expliquer ce truc bizarre ?

Illustration : un petit tableau plein de grâce de Chardin (une sorte de Bobin peintre ?), “Trois pommes d’api, deux châtaignes, une écuelle et un gobelet d’argent”. On peut le voir à Paris, au musée du Louvre.