Les deux inquiets et les volets

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Ça s’est passé un été. Après une journée très chaude, la famille s’est endormie en laissant toutes les fenêtres ouvertes, pour permettre à la fraîcheur de la nuit entrer dans la maison. Vers trois heures du matin, un énorme orage se déclenche. Parfait pour rafraîchir, mais ça veut aussi dire, vu ce qui dégringole du ciel, de petites inondations autour des fenêtres ouvertes partout dans la maison.

À moitié éveillé par l’orage et cette pensée (l’un sans l’autre n’aurait pas suffi) je me lève et commence à faire le tour des pièces pour fermer les fenêtres. Et je croise ma plus jeune fille, levée avec la même idée. Je lui demande ce qu’elle fait debout à cette heure, et elle m’explique qu’elle va, elle aussi, fermer les fenêtres. Nous sommes les deux inquiets de la famille, donc rien d’étonnant à notre présence, mais tout de même, deux choses m’interpellent.

La première, c’est qu’à son âge, elle se sente responsable des fenêtres de la maison (mais elle est comme ça, volontiers dans la responsabilité et l’empathie). La seconde, c’est que mine de rien, les anxieux rendent service aux autres dans l’ombre. Bon, je le sais bien, mais là, je le vérifie : pendant que les trois «peu inquiets» dorment ou se sont rendormis, les deux «trop inquiets» patrouillent et passent la serpillière. Grâce à quoi, ils se rendormiront.

Comme on dit dans les entreprises : «conjuguons nos talents»…

Illustration : un jeune garçon peint par Greuze, apparemment pas trop inquiet…