Solstice

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Bonheur animal des longues journées du mois de juin, un bonheur à son apogée maintenant, lors du solstice d’été, ce moment où nous sommes imprégnés de lumière. 

Puis, au moins dans le cerveau des anxieux, des tristes, des inquiets, une petite ombre qui se lève : à partir de maintenant, les jours vont raccourcir. Tout doucement, imperceptiblement. Inexorablement.

On ne va pas se plaindre, on ne va pas gémir. Personne ne comprendrait. Et puis, ce serait du gâchis : les journées vont demeurer longues et belles. Mais une petite nuance de gris est là, désormais, dans toute cette clarté de l’été qui vient.

On raconte que Tchouang-Tseu, le grand penseur taoïste, éclata en sanglots lorsqu’il lui vint un fils. Interrogé par ses amis interloqués, il leur répondit : « Je souffre, parce que dans sa naissance, j’ai vu sa mort. »

La mort de l’été est annoncée dès sa naissance. Mais cela ne doit pas nous empêcher de l’aimer, comme Tchouang-Tseu dut aussi aimer son fils.

Alors, rien d’autre à faire que retourner vers la vie et la lumière. 

Et les voir plus belles encore, parce qu’on les a vues plus fragiles…

Illustration : la lumière de l’été qui transperce la voute des arbres et donne naissance à une cathédrale de verdure…