Bright Star

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C’est une scène magique dans le film de Jane Campion, Bright Star (qui raconte la vie du plus grand poète anglais, John Keats ; courrez-y vite, si vous ne l’avez pas encore vu !).

Sa fiancée, Fanny Brawne, vient d’apprendre que Keats est mort, à Rome, où il s’était rendu pour tenter de freiner l’évolution de sa tuberculose. Elle fond en larmes, puis s’effondre à genoux, et commence à s’asphyxier : elle ne peut plus respirer. Elle appelle sa mère au secours ; celle-ci accourt, et voit tout de suite que sa fille va peut-être mourir ainsi. Alors, elle ne dit rien, mais s’agenouille face à elle, front contre front, la prend par les épaules, et se met à respirer très fort, pour la ramener à la vie. Peu à peu, Fanny synchronyse son souffle sur celui de sa mère, et remonte lentement à la surface de son chagrin.

Pas de paroles pour sauver, juste le souffle, la respiration.

Cela me rappelle, en moins tragique évidemment, tout ce que nous faisons avec le souffle en psychothérapie, tout ce que nous essayons de transmettre à nos patients. Et évidemment aussi, tout ce que j’utilise pour moi-même : dans les moments de dérapage émotionnel, se recentrer vite sur son souffle, jusqu’à retrouver son discernement….