Calme et sérénité

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Calme et sérénité : ce sont deux mots que j’aime bien. Mais qui ne sont pas tout à fait équivalents à mes yeux. Ce n’est pas tant une histoire d’intensité (la sérénité qui serait une sorte de calme parfait et complet) que de qualité. La sérénité est au-delà du calme, elle en est une transcendance.

Est transcendant ce qui est extérieur ou supérieur au monde tangible. Le calme appartient à notre monde : calme de notre corps et de notre esprit, calme de notre environnement ; dans les deux cas, des caractéristiques physiques le sous-tendent. Pour le calme en nous : notre cœur bat lentement, notre souffle va doucement, nos muscles sont détendus, etc. Pour le calme autour de nous : peu de bruits, peu de mouvements, tout changement dans la progressivité et la douceur.

Lorsque la sérénité prend naissance dans le calme, quelque chose de nouveau survient alors. Une prise de conscience de tout ce qui est là, un sentiment de résonnance entre le calme du dedans et celui du dehors, la dissolution des limites entre le dedans et le dehors. Nous sommes toujours là, mais avec une porte ouverte sur autre chose. À deux doigts de basculer de l’autre côté. Toujours là mais pas que là. Aucun mot pour décrire ce qui se passe et ce que l’on ressent alors. Sauf celui de sérénité.

Nous arrivons plus facilement à frôler des instants de sérénité en vacances et en été : prendre le temps de regarder le soleil se lever ou se coucher dans la nature, s’arrêter pour ressentir une brise tiède, écouter la rumeur de la nuit… Dans ces moments, sérénité : transcendance de calme, résonnance, conscience ouverte et pleine.

Puisse cette année qui s’ouvre nous offrir de nombreux moments de sérénité : d’automne, d’hiver et de printemps.

Belle rentrée à toutes et tous.

PS : je m’aperçois en écrivant ce billet que je continue de raisonner comme un écolier. Pour moi, une année commence en septembre, à la fin de l’été et au moment de la rentrée scolaire. Rien à faire pour me convaincre que le début d’une année se situe le 1er janvier : cela ne dit rien à mon corps, à mes émotions, à mes souvenirs. Alors que le passage des vacances à l’école ou au travail, le sentiment de l’été finissant, tout cela, oui, sonne pour moi comme une transition majeure et un véritable changement. Progressif et naturel, comme tous les vrais changements, et non soudain et artificiel comme les douze coups de minuit entre 31 décembre et 1er janvier.

Illustration : les berges de la Garonne, par Frédéric Richet.