C’est pas la forme ?

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La semaine dernière, plusieurs internautes m’ont signalé, plus ou moins gentiment, que mes billets de rentrée étaient un peu tristes.

C’est vrai. Comme tout le monde, j’ai des passages plus ou moins joyeux, je suis plus ou moins en forme selon les périodes. En général, seuls les proches le perçoivent ; mais cela se perçoit aussi dans ce blog, qui est une forme de journal extime (la formule est de Michel Tournier), un journal intime destiné à des personnes dont beaucoup me sont inconnues.
Alors que faire ? Ne plus écrire si je ne suis pas en forme ? Faire semblant ? Ces deux solutions ne collent pas avec mes principes. Donc je continue d’écrire mais sans faire semblant. C’est d’ailleurs le principe du blog : parler de nos états d’âme et non toujours positiver.

Cela me rappelle un passage du très beau nouveau livre de mon ami Alexandre Jollien : “Le Philosophe nu”. Il y raconte ces moments où il ne va pas bien, alors qu’il parle à d’autres d’équilibre et de bonheur : «Je devise sur la paix et je vis dans le trouble. Je console, encourage, prodigue mille et un conseils et pourtant mon coeur est en miettes. Singulières contradictions !”
Tout son livre est consacré à cette réflexion, et c’est bien sûr passionnant.

En attendant, ce qui me fait plaisir dans cette histoire – mes coups de mou sur le blog – c’est que les commentaires prennent le relais : en relisant ceux de la semaine dernière par exemple, j’ai le sentiment que ce qui s’y disait était largement plus intéressant que ce que j’avais écrit dans mon billet. Je m’en réjouis profondément, c’est signe que l’esprit du blog fonctionne : un partage de points de vue, où le billet du jour n’est qu’un point de départ.

Alors, au cas où vous ne le faisiez pas régulièrement : prenez toujours la peine de lire les commentaires (ou mieux, d’en écrire). Surtout les jours où l’auteur n’est pas en forme ! C’est souvent là que ça se passe…

Illustration : Saint-Jean Baptiste au désert.

PS : vous pouvez écouter Alexandre à Paris, ce mercredi 15 septembre à La Procure. Ou jeudi 16 à la FNAC.