Dictature et douche froide

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C’est un exercice que j’appelle «démocratie et douche chaude» et que je propose parfois en psychologie positive : de temps en temps, sous sa douche, se réjouir d’avoir de l’eau chaude (et ne pas attendre la panne de chauffe-eau pour gémir) ; de temps en temps, en lisant les journaux, se réjouir de vivre en démocratie (ne pas craindre d’être réveillé à 5 heures du matin par la police politique, pouvoir voter pour qui l’on veut, dire ce que l’on pense de la vie publique).

J’en avais parlé à une amie.

Peu après, alors qu’elle revenait d’une mission humanitaire en Afrique, elle m’écrit un mail qu’elle intitule «Dictature et douche froide». Le voici :

«J’espère que tu vas bien et que tu tiens le coup malgré ta “saison” chargée.
Je viens de rentrer de 10 jours en RD Congo. Depuis, j’essaie de trouver un sens à toutes ces situations injustes et atroces dont j’ai été témoin, j’essaie d’accepter la manière dont fonctionne le monde et de me décoller de mes pensées de révolte et de tristessse…
Il me faudra encore beaucoup de pratique pour accepter tout cela je crois… 
Que c’est dur, de retour de mission, d’apprécier – sans culpabiliser – tout ce qui nous est donné ici (et que l’on gaspille ou dont on ne profite pas assez)…
À quand la démocratie et la douche chaude pour tous ?
Amitiés»

Toujours la même question : comment se permettre du bonheur au milieu du malheur ? Et toujours la même réponse : ne pas se culpabiliser des bonheurs qui nous sont permis, mais 1) ne pas les gaspiller, 2) y puiser la force d’aider ceux qui en sont très très loin…

Illustration : l’univers que m’évoque “Dictature et douche froide”…