Dire du mal sans en faire

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Jules Renard, dans son Journal : “Chez moi, un besoin presque incessant de dire du mal des autres, et une grande indifférence à leur en faire.”
Confession lucide d’un brave gars tourmenté par ses ambitions déçues (à la célébrité) et ses limitations (à être heureux). Jules n’a jamais réussi à s’apaiser des démangeaisons du présent (il fréquentait trop le petit milieu littéraire parisien) et à se remettre de son passé (son enfance où on ne lui avait pas appris à être heureux). Il ne voulait de mal à personne ; malheureusement, dire du mal, n’est-ce pas déjà, d’une certaine façon, en faire ?