
On a souvent parlé et écrit sur la nostalgie des parents lorsque leurs enfants, devenus grands, quittent la maison familiale. Je me souviens que lorsque j’étais jeune psychiatre on parlait de « Syndrome du nid vide » ou de « Nostalgie maternelle pathologique » pour décrire les formes de dépression qui pouvaient alors atteindre certaines mères à ce moment si particulier.
Mais il y a aussi la nostalgie qui peut toucher les grands-parents, lorsque leurs petits enfants deviennent adolescents, et commencent à avoir moins envie de venir passer du temps chez eux pour les vacances. Ils ont vu grandir et s’éloigner leurs enfants ; ils voient grandir et s’éloigner leurs petits-enfants. Et ils savent qu’il n’y aura le plus souvent pas de troisième occasion de pouponner et se réjouir sur ce registre.
À ce moment, tous sont un peu tristes. Ceux qui ont pensé et travaillé à cela en amont arriveront à se réjouir malgré tout (d’avoir eu la chance de vivre ces moments, d’avoir des nouvelles de ces enfants et petits-enfants, d’avoir encore d’autres choses à vivre). Et ceux qui ne l’ont pas fait, vont devoir se mettre au travail…
Illustration : le bouleversant tableau de Rembrandt, figurant le vieux Siméon, aveugle, prenant Jésus bébé dans ses bras, avant de mourir.