J’espère que tu vas bien

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Je commence souvent mes mails ou mes courriers par cette formule, « J’espère que tu vas bien ».
Une formule toute faite ? Oui, c’est vrai, puisqu’elle est presque un réflexe, avant d’aborder le sujet qui motive mon envoi. Mais pas si anodine que ça.
Car de temps en temps, je fais un petit pas de côté, et je me dis que oui, je le souhaite vraiment, que cette personne aille bien, à l’instant où je l’écris. Et que je souhaite le bien de tous les gens que j’apprécie, que je connais, et même de tous les humains.
Ces bouffées automatiques de bienveillance universelle me semblent facilitées par l’existence de cette formule de politesse, qui de temps en temps sort de sa torpeur, s’éveille et me secoue en me criant : « Eh ! Ho ! Ce que tu écris, éprouve-le vraiment, au lieu de seulement l’écrire ou le penser, ce sera encore mieux ! »

Illustration : une publicité pour les postes anglaises (“If you really want to touch someone, send them a letter”).