Nos têtes de 20 ans

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L’autre jour, j’étais invité à Tarbes à un congrès médical, de gynécologie plus exactement (pour y parler de l’estime de soi et de l’image du corps). Cela m’a permis d’y retrouver vieux copains et copines du temps de mes études de médecine à Toulouse : trois amies gynécologues, un ami chirurgien.
J’étais un peu ému de ces retrouvailles, tant d’années après (presque 20 ans que j’ai quitté Toulouse). Et rassuré, bizarrement, de les reconnaître si facilement : il me semblait qu’ils n’avaient pas changé, même sourires, mêmes regards, mêmes expressions du visage, même façon de parler. Malgré les rides au coin des yeux, l’impression que le temps n’a pas été si cruel avec nous. Est-ce du déni, de l’autosuggestion ? Ou est-ce que nous ne sommes pas encore devenus vieux, vraiment vieux ?
Dans l’avion du soir qui me ramenait à Paris, en regardant par le hublot, je repensais à ces visages des vieux amis. Tout songeur. Vagues successives d’états d’âme. Douce joie de les avoir revus, d’avoir reparlé du bon vieux temps. Puis douce tristesse de la conscience de ce temps qui a, malgré tout, passé. Je repense (encore ! voir le billet d’hier…) à la chanson de Léo Ferré : “Avec le temps, va, tout s’en va…”
Mais non, Léo, tout ne s’en va pas. Pas complètement. Pas tout. Il nous reste plein de souvenirs heureux. Et de souvenirs futurs. Je sais que dans quelques années, je repenserai avec bonheur à ces retrouvailles, à la douceur de l’automne pyrénéen qui les baignait. Content malgré tout qu’on se soit revus. Peut-être pour la dernière fois ? Peut-être, mais heureux quand même, vraiment, tout au fond de moi.

Illustration : ma tête à 20 ans, dessiné par un ami de l’époque, Patrick, qui étudiait alors aux Beaux-Arts et qui est depuis devenu… psychiatre !