Nostalgie

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Samedi soir, je participe à une grande fête de mon ancien club de rugby parisien (celui où j’ai terminé ma « carrière » de rugbyman, celui où j’ai comme on dit « raccroché les crampons »).
Belle ambiance et beau mélange de vieux et jeunes joueurs. Chansons, bêtisiers, rétrospectives, distribution de prix sur le thème des péchés capitaux (le plus coléreux, pour celui qui rouspète toujours sur le terrain ; le plus avare, pour celui qui tend toujours à garder le ballon trop longtemps au lieu de passer ; etc.).
Plaisir de voir le club continuer de vivre joyeusement dans cet esprit où les troisièmes mi-temps comptent plus que les matches. Et nostalgie de se trouver assis avec les vieux copains, à la table des anciens. Ils me rappellent une de mes phrases restée en mémoire dans l’équipe, que j’avais prononcée à la mi-temps d’un match où des anglais nous avaient administré une sacrée correction : « Les gars, il faut s’aimer ! ». J’étais à l’époque en train de préparer mon premier livre sur l’estime de soi, et nous avions eu tendance à beaucoup subir en première mi-temps : d’où cette invocation à l’amour-propre. Insuffisante, nous avions quand même perdu : l’estime de soi ne peut pas tout !
Puis nous évoquons les amis absents. Et Jean, notre arrière, évoque un ancien pilier de l’équipe mort sous ses yeux sur le terrain : arrêt cardiaque. En racontant la scène, Jean le catalan, Jean le dur, nominé pour le prix de la mauvaise humeur et des engueulades à ses équipiers, cesse tout à coup de parler, et baisse la tête, en larmes. Avec tous les vieux copains autour de lui, un peu gênés. À côté de nous, les petits jeunes chantent et dansent.
La vie, c’est comme ça.