Psychologie positive

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L’autre jour, j’animais un atelier pour thérapeutes sur le thème de la Psychologie Positive. Nous étions en train de réfléchir à des exemples de ces moments de vie où nous nageons dans le stress, mais qui, avec quelques jours ou mois de recul, s’avèrent ne pas avoir été si graves. C’est très utile de réfléchir régulièrement à de tels instants, où nous déclenchons de grands branle-bas de combat émotionnel – rages, afflictions, énervements – pour des événements finalement de peu de portée sur le cours de notre vie. Comme le disait Cioran, « nous sommes tous des farceurs : nous survivons à nos problèmes ».
Bref, chacun – c’était l’exercice – réfléchissait à des exemples concrets. Un de mes collègues lève alors la main pour raconter son histoire. La voici, telle que je l’ai mémorisée, j’espère que je ne le trahis pas trop…
« J’étais en vacances dans un bel endroit du Sud de la France, sur une route complètement déserte, et ma voiture tombe en panne. À l’époque, pas de portable, aucun moyen d’appeler au secours assurances, dépanneuses ou garagistes. Il me fallait donc faire 7 ou 8 km à pied jusqu’au village voisin. Je les ai faits en pestant. Mais ce qui est bizarre, c’est qu’aujourd’hui, quand je repense à ce moment, ce n’est pas le souvenir du stress qui me revient, mais celui de la beauté du paysage dans lequel j’ai marché pendant une heure…. »
J’ai adoré ce petit récit : lorsque le stress nous submerge, il occulte et recouvre tout ce qu’il y a de bon ou de beau dans la situation. Et ce n’est que lorsqu’il reflue, par exemple avec le temps, que le beau et le bon peuvent réapparaître. C’est bien de s’en rendre compte et de savourer, au moins après coup. Mais évidemment, pouvoir faire le boulot à chaud, arriver à se dire « OK vieux, c’est hyper-énervant, voilà, c’est bon. Maintenant, tu fais quoi, tu fulmines pendant une heure ou tu marches en admirant ? », c’est exactement ce que l’on cherche en psychologie positive. Pas seulement limiter le stress (c’est le travail, nécessaire, que l’on fait en psychothérapie) mais aussi cultiver régulièrement nos capacités à admirer, nous réjouir, extraire le positif du négatif ; c’est l’ambition de la psychologie positive : donner encore plus de place aux émotions positives, pour qu’elles gênent la croissance des négatives.
Comment ? Une question dans le fond de la salle ? Pour moi ? Si je me serais énervé moi aussi dans cette situation ? Hélas, je dois avouer que oui, probablement… Pourquoi croyez-vous que je me passionne pour la psychologie positive ?!!

Illustration : les gorges de la Dordogne, par l’excellent Frédéric Richet.