Rencontres et dédicaces

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À l’occasion de la sortie de mon dernier livre, Les États d’âme, j’ai fait un petit tour de France des librairies, à la rencontre de mes lecteurs. J’aime beaucoup ça, même si c’est fatigant ; mais bon, ce serait indécent de se plaindre d’être un auteur que les libraires invitent et que les lecteurs viennent rencontrer.
La dernière a eu lieu à Saint-Maur, lors du Salon du Livre de Poche organisé par la librairie La Griffe Noire. Comme toujours, tout un tas de petites rencontres et discussions bien agréables. Et puis, comme je le racontais dans mon mot du 19 mars, il se passe toujours à un moment quelque chose de fort, une sortie de ce qui est habituel ou prévisible.
Cette fois-ci, c’est en bavardant avec une dame un peu étrange mais très gentille : après m’avoir raconté combien elle se sent seule parfois, elle me demande de dédicacer mon livre pour sa fille et elle. J’obtempère, en lui demandant un peu qui est cette fille, si elle aime la psychologie, etc. Elle m’explique alors que sa fille est morte il y a longtemps, que cela l’a rendue folle de chagrin, et que cette dédicace, c’est une manière de garder sa mémoire vivante, à ses côtés. Je suis pétrifié, ne sachant que dire et que faire, sinon hocher la tête, et répéter « je suis désolé, je suis désolé ». Elle, elle n’a pas l’air désolée, juste contente de la dédicace et de notre discussion, avec l’air ailleurs de la personne dont la vie ne sera jamais tout à fait la même que celle des autres, ceux qui n’ont jamais perdu un enfant.
Je continue mes dédicaces, vaguement perturbé, doucement bouleversé. Content de l’avoir rencontrée. Espérant que mon livre va l’aider…