Arrêter son cerveau

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Un soir, avec ma plus jeune fille, au moment où je vais l’embrasser avant la nuit, nous bavardons toujours un moment.

« – Papa, je sens que je vais avoir du mal à m’endormir, je suis trop énervée.
– Ah bon ? Il y a des trucs qui ne vont pas, tu as des soucis ?
– Non, non, mais il y a plein de choses dans ma tête. Tu sais comment on fait pour arrêter de penser ?
– Ouh la ! Ça, c’est difficile, de s’arrêter de penser. Tu penses à des choses qui t’inquiètent ?
– Mais non, je te dis, arrête de faire ton psychiatre, Papa ! C’est juste que je n’arrive pas à arrêter mon cerveau pour m’endormir. Dis-moi comment faire.
– Eh bien, souvent, ce qui aide, c’est de ne pas chercher à s’endormir, de ne pas se dire : “il faut que je m’endorme, il faut que je m’endorme“, mais plutôt de se détendre. Par exemple, en sentant bien sa respiration : en prêtant attention à l’air qui rentre dans le nez, qui descend dans les poumons, puis qui ressort, un peu plus tiède ; en sentant bien comment la poitrine et le ventre se gonflent et se dégonflent, tout doucement… Tu sens tout ça ?
– Ouais, ouais. »

Un instant s’écoule.

« – Je sens, mais ça marche pas terrible, tout de même. Tu n’as rien de mieux ?
– Tu sais, le sommeil, on ne peut pas lui commander, on peut juste attendre qu’il arrive, en essayant de ne pas trop s’énerver à vouloir absolument dormir là, maintenant.
– Bon, OK. Alors laisse tomber, gratte-moi plutôt un peu le dos s’il te plaît… »

Ce que je fis.

Et elle s’endormit.

Moralité : pour arrêter son esprit, pas forcément besoin d’un psy, parfois un bon kiné suffit.

Illustration : des fois, nous avons sommeil et nos paupières sont lourdes, mais les yeux de notre esprit n’arrivent pas à se fermer…

Actualité autocentrée du jour : ce vendredi 14 janvier 2011, à 13h30 sur France 5, entretien au Magazine de la Santé sur l’ouvrage “Secrets de psys”.