Écouter sans applaudir

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Cet été, j’ai participé, avec quelques collègues psychothérapeutes, à un beau stage de méditation dans les montagnes suisses. Nous avons appris plein de choses utiles et intéressantes. Et vécu, comme toujours, des tas de petits moments étonnants. L’approche travaillée (qui est celle que j’utilise dans ma pratique personnelle et psychothérapique) était celle de la Pleine Conscience. Qui encourage – entre autres – à revenir à l’expérience vécue plutôt qu’à discourir sur elle. Alors nous entrions aussi souvent que possible dans l’Expérience.
Par exemple celle d’écouter un de nos collègues co-stagiaire, Frédéric Fasel, pianiste talentueux, nous interpréter quelques morceaux de sa composition alors que nous sommes tous assis, sur nos zafus ou nos shogis, les yeux fermés, installés dans la pleine conscience. Pendant chaque morceau, nous accueillons pleinement la musique, et pleinement tout ce qu’elle induit en nous. Et après chaque morceau, nous restons dans cette expérience, dans le sillage de la musique, au lieu d’applaudir.
J’aime beaucoup de tels dérangements d’habitudes et d’automatismes. Rester en silence à observer ce qui se passe en nous après un morceau, cela serait logique, par respect et pour la musique et pour son interprète. Imaginez un peu, au lieu de ces applaudissements automatiques, comme à la télé ou lors de débats, pour manifester qu’on est là, un grand silence concentré. Et, tout de même, 5 minutes après le dernier morceau, tout lâcher pour remercier et célébrer !

Tableau de Ferdinand Khnopff : En écoutant du Schumann