“Papa, je m’ennuie…”

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Je travaille souvent à la maison le mercredi : je ne peux pas pratiquer la psychiatrie à temps plein, je perds alors peu à peu mes capacités et mon plaisir d’écoute. Bref, travailler à la maison le mercredi, c’est sympa, parce qu’il y a les enfants dans le coin ; mais c’est compliqué parce qu’il y a les enfants dans le coin…
Un mercredi où je travaillais dans mon bureau, ma deuxième fille Louise tournait un peu en rond dans la maison, ayant épuisé son quota de temps de télé et d’ordinateur, et n’ayant pas de sœur ni de copine sous la main. Comme la porte du bureau est fermée, elle n’ose pas rentrer, de peur que je ne rouspète (elle a raison, je rouspète souvent si on m’interrompt dans mon boulot !). Je l’entends qui tournicote dans le couloir, puis il y a un bruissement de papier : elle vient de glisser sous ma porte un petit message d’appel au secours : « Papa, je m’ennuie, aide-moi SVP » (sic). J’éclate de rire, et je vais ouvrir la porte derrière laquelle elle attend en rigolant elle aussi, sûre de la pitié que son triste sort va m’inspirer. Je ne me souviens plus de ce que je lui ai proposé alors comme activité, mais nous avons du parler de l’ennui : nos enfants, plus surstimulés que nous ne l’étions à leur âge, supportent encore moins bien que nous l’ennui.
Pourtant, de petites doses d’ennui jouent un rôle important dans nos équilibres intérieurs, nous poussant à l’introspection et pouvant nourrir dans un second temps notre créativité.
L’ennui : un état d’âme utile, donc. Mais il doit nous inciter autant à repenser notre mode de vie (pas assez de mouvements et de changements ?) que notre façon de percevoir le monde (ne passons-nous pas à côté de tout un tas de choses intéressantes autour de nous par manque d’attention et d’approfondissement ?).
Allez, bon week-end, avec ou sans ennui !