Pleine conscience spontanée

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C’est drôle la vie.

Beaucoup d’entre nous aspirons à mettre notre esprit un peu plus au repos, notre cerveau un peu plus au calme. Ceux qui méditent s’efforcent par exemple de préserver ou de créer dans leurs journées des espaces de pleine conscience. Beaucoup d’autres aiment se consacrer à un sport ou un loisir dans ce but.

Et puis certaines personnes n’aiment pas ça, voire en ont peur.

L’autre jour, une de mes patientes, grande anxieuse, me racontait qu’elle avait eu plusieurs moments d’inquiétude parce qu’elle n’avait plus eu de pensées pendant de longues minutes :

« Par exemple dans les trajets en métro, je me suis aperçue que je pouvais passer plusieurs stations sans penser à rien du tout ! Alors que ça ne m’arrivait jamais avant ! Ça m’a fait drôlement peur ! Est-ce que ce n’est pas mon cerveau qui vieillit ? Ça ne peut pas être un signe d’Alzheimer ? »

Effectivement, son état psychique de base est plutôt le tumulte habituel des cerveaux anxieux : anticipations, ruminations, planifications, observation et lecture mentale de tous les panneaux publicitaires rencontrés, etc…

Je lui ai expliqué que ça me paraissait plutôt une bonne chose, cette survenue d’espaces de simple présence au monde, dégagés de toute mentalisation. Que ça n’avait rien à voir avec un Alzheimer, au contraire, et c’était un bon signe chez elle, qui a toujours eu du mal à accepter de se poser, de ne rien faire. Par peur évidemment de passer à côté de sa vie.

Alors que c’est tout le contraire : la vie c’est aussi – et peut-être surtout – intensément ressentir et habiter l’instant présent…

Illustration : “Le pont sous la pluie”, une photo d’Henri Zerdoun. S’arrêter pour observer et ressentir le temps qui passe…